Le Parti présidentiel se réunit aujourd’hui à Villeurbanne dans le Rhône pour présenter son projet sur les thèmes de l’éducation, de la justice, de la sécurité et de l’immigration. Remarquons avant toute chose une association de thèmes particulièrement nauséabonde, comme si l’éducation et les questions migratoires n’avaient à voir qu’avec la délinquance, la fraude, en un mot la violence. Cela en dit long sur la vision du monde de l’UMP.
Concernant les politiques migratoires, les propositions faites sont dans la droite ligne des dernières déclarations « Le Pen-compatibles » de M. Guéant, selon lequel il y aurait donc trop d’étrangers en France, responsables de tous les maux, qu’il faudrait par tous les moyens bouter hors de notre beau pays.
Rappelons quelques chiffres : toutes entrées confondues (visas de travail, visas étudiants, regroupement familial, asile), il y a en effet environ 200 000 étrangers qui arrivent légalement en France chaque année. Or, 100 000 la quittent dans le même temps, ce qui amène à un solde net de 100 000 entrées par an. En outre, la crise économique que nous traversons a récemment fait baisser les flux migratoires, tant réguliers qu’irréguliers, l’idée d’une « déferlante migratoire » chère à la droite et à l’extrême droite étant ainsi balayée.
Dans le même esprit, rappelons que l’ensemble de la population étrangère vivant en France, cotisant et payant des impôts à hauteur d’environ 60 milliards d’euros par an quand elle reçoit environ 38 milliards d’euros en allocations familiales, chômage, maladie et retraites, « rapporte » un solde 12 milliards d’euros par an. L’UMP se garde bien de rappeler ce chiffre fondamental, alors même qu’il est issu d’une étude du Ministère des affaires sociales datant de 2009.
Les propositions faites par le Parti présidentiel, outre être une course à l’extrême-droite, ont donc un objectif de renforcement sécuritaire, qui a pourtant largement marqué son échec durant le quinquennat de M. Sarkozy. Avec six textes de lois durcissant les conditions d’entrée et renforçant les dispositifs d’expulsions en 5 ans, comment se fait-il que M. Sarkozy et sa majorité n’aient toujours pas réussi à assécher les flux migratoires ?
La méthode de l’UMP est la pire des manières pour aborder ces enjeux, que ce soit sur un plan humain, social, économique, ou même technique. Quelques exemples :
- Les conditions du regroupement familial ou de l’obtention d’un visa de travail sont aujourd’hui parmi les plus restrictives d’Europe. Mais cela n’empêche pas l’UMP de proposer de les restreindre encore.
-L’UMP annonce vouloir attirer des étrangers hautement qualifiés. Mais sa fameuse carte « compétences et talents » a été un échec retentissant et la circulaire d’avril 2011 du Ministre de l’Intérieur va écarter de notre pays des étudiants étrangers les plus talentueux
- La durée moyenne de rétention dans les CRA est de moins de 15 jours. Mais la loi (Eric) Besson de 2010 a allongé cette durée à 45 jours et aujourd’hui l’UMP propose d’aller jusque deux mois.
- Le nombre de reconduites à la frontière atteint les 30 000 par an, grâce à une illusion d’optique créée par les expulsions collectives des populations Rroms. Mais cela n’empêche pas l’UMP d’annoncer vouloir encore augmenter ce nombre, dans une politique du chiffre parfaitement inefficace.
- L’UMP propose dans la suite des déclarations de M. Sarkozy des sanctions pour les États ne respectant pas les accords de Schengen. Mais c’est la défaillance des États qui est en cause, comme le prouvent les récents travaux européens sur la question (notamment le rapport sur le mécanisme d’évaluation des accords Schengen en cours de discussion)
Les annonces stériles sur l’asile sont du même acabit, comme nous l’avons récemment dénoncé (Lire la réaction de Sylvie Guillaume et la réaction de l’équipe de François Hollande)
Il faut à l’inverse établir des règles justes, claires et stables pour l’immigration régulière et l’asile, comme le défendent les socialistes à l’échelle nationale et européenne.



