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Vous êtes ici: Accueil » Social » RSA : encore cette odieuse valse à trois temps du gouvernement

Le gouvernement, dans sa méthode, manque terriblement d’imagination. La recette est toujours la même, vous pouvez vérifier.

Episode 1. Un ministre ou un député de la majorité, au nom de son petit club de réflexion, choisit une catégorie de la population -si possible vulnérable- et l’accuse d’être un poids mort. Illustration : Laurent Wauquiez, ministre délégué aux affaires européennes, au nom de son club « la Droite sociale » (sic), accuse les bénéficiaires du RSA d’entretenir l’assistanat qui serait « le cancer de la société ». Il ne propose rien de moins que des mécanismes de travail obligatoire et gratuit.

Episode 2. Scandale dans l’opinion ; des contre argumentations solides et chiffrées fleurissent un peu partout. Le gouvernement prend la température auprès de son électorat le plus poujadiste pour tester la proposition. Suit une division factice de la majorité ; ainsi depuis un mois, François Fillon a fait mine de recadrer Laurent Wauquiez et Martin Hirsch, le père du RSA, monte au créneau, pendant que de nombreux représentants de droite félicitent M. Wauquiez de « dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas ».

Episode 3. L’UMP entre en scène, avec l’organisation d’une « convention », soigneusement mise en scène médiatiquement, censée sortir par le haut de la polémique et proposer des solutions, forcément « pragmatiques » et ne craignant pas le « politiquement correct ».

Cette semaine, Jean François Copé présentait une convention sur la « Justice sociale » (resic), où Martin Hirsch a ravalé sa colère, et où le propos a, en apparence, été adouci. Bilan des courses : le gouvernement consent à admettre que tout travail mérite (petit) salaire et fait la proposition d’un mécanisme d’heures de travail quasi obligatoires pour certains bénéficiaires, rémunérées au SMIC, et refile le problème aux collectivités territoriales.

Un projet de loi bancal sera sûrement bientôt mis à l’ordre du jour à l’Assemblée et la majorité le votera le doigt sur la couture du pantalon. Et oui, on entre dans la période d’investitures pour les législatives de l’an prochain, ce n’est pas trop le moment de faire les malins.

D’ici un mois ou deux, le même cirque reprendra sûrement. A votre avis, qui seront les prochains visés ? Les immigrés ? C’est déjà fait. Les malades ? Aussi. Les chômeurs de longue durée sont une option intéressante. Et pourquoi pas les chômeurs immigrés malades, tiens ?

Pendant ce temps là, les bénéficiaires de réduction de l’ISF, eux, ont des cadeaux supplémentaires.

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