Les questions budgétaires européennes, et notamment celles liées aux fonds structurels, peuvent sembler particulièrement austères. Pourtant, elles sont fondamentales, car ce sont bien les fonds structurels qui permettent de décliner localement, partout dans l’Union, la réalité de l’Europe sociale.
Le Fonds social européen, notamment, est un outil incontournable des politiques de lutte contre le chômage. Il permet de co-financer de très nombreux projets, partout en Europe, d’insertion, de formation, de lutte contre les discriminations, et plus généralement de retour à l’emploi. Dans le contexte de crise que nous connaissons, c’est un outil indispensable.
Le montant des crédits disponibles est négocié à l’occasion du cadre financier pluriannuel. Le montant disponible pour la France pour la programmation 2007-2013 a été largement diminué par rapport à la période précédente. Or, avec l’arrivée de la crise financière, d’abord, puis économique et sociale, les besoins en la matière n’en sont que d’autant plus importants. Les acteurs de l’insertion, sur le terrain, en font tous l’expérience.
Or nous sommes dans la phase d’évaluation à mi parcours de cette programmation, première étape dans la négociation de la prochaine programmation, qui couvrira les années 2014 à 2020. Nous sommes donc dans une période charnière pour préparer cette négociation qui s’annonce ardue.
Comme nous l’avons vu dans la dernière négociation budgétaire, le Conseil européen n’a qu’un seul objectif: la rigueur. Alors que pour sortir de la crise économique et sociale nous avons besoin d’un effort plus ambitieux de la puissance publique européenne, et donc que le FSE garde toute sa dimension, le gouvernement français a récemment fait connaître sa position: pour Nicolas Sarkozy, le seul et unique horizon doit être la réduction des montants de la politique de cohésion. Consternant!
C’est dans ce contexte que j’ai souhaité organiser une rencontre avec les acteurs locaux de l’insertion, ainsi que Bernard Soulage, vice président de la région Rhône Alpes, délégué aux affaires européennes, et ma collègue Pervenche Bérès, Présidente de la Commission Emploi Affaires Sociales du Parlement européen. Je les remercie tous les deux d’avoir répondu à l’invitation, ainsi qu’aux nombreux participants qui ont répondu présents.
Pervenche Bérès nous a éclairés sur les enjeux de la négociation à venir. La position du gouvernement français a unanimement été perçue comme particulièrement inquiétante, tant sur un plan politique qu’opérationnel, car pour les responsables des structures d’insertion, cela signifie très concrètement un risque de voir encore leurs marges d’action réduites auprès des publics en difficulté.
Les échanges ont été particulièrement fructueux, et je me réjouis que nous ayons rempli un premier objectif: que les acteurs de l’insertion puissent nous faire part des enjeux auxquels ils sont confrontés, et que nous ayons l’occasion, de les alimenter sur les enjeux politiques actuels.
Il est fondamental, dans les mois à venir, que nous élus, comme les acteurs locaux se saisissent fermement de ces sujets afin de ne pas laisser le champ libre aux gouvernements, dont le notre, pour ne faire pencher la balance que du côté irresponsable de l’austérité.


Nous l’avons dit et pensé l’Europe sociale est une nécessité qui verra le jour que lorsque l’Europe politique existera