Alors que la France et l’Allemagne rendaient hommage aux victimes de la Première guerre mondiale, sous l’Arc de Triomphe, le Parlement européen se réunissait à Bruxelles pour l’une de ses six mini-sessions annuelles, pour débattre de sujets bien variés.
Tout d’abord, un point qu’en tant que socialiste française je souhaite relever particulièrement, concerne l’inquiétude, fort légitime, sur la mise en œuvre actuellement en cours dans les Etats membres de la directive « Services » (ou ex-directive Bolkestein) et dont la transposition devra être achevée le 28 décembre prochain. Les parlementaires ont pu, à l’occasion d’un débat (sans résolution), adresser au Conseil et à la Commission une exigence de transparence dans les processus. A ce jour il n’est pas certain, contrairement à ce que le Parlement européen avait exigé, que les services publics, en particulier les services sociaux et de soins de santé, soient effectivement et clairement exclus de son champ d’application en France, le gouvernement français en ayant une autre interprétation. Aussi est-il plus que jamais urgent de réclamer la création d’une directive-cadre sur les services publics et de saisir les possibilités que le Traité de Lisbonne offre en ce sens.
Un autre point qui a également retenu mon attention au cours de cette session c’est la question du « Made in » qui a aussi fait l’objet d’un débat. Il s’agit d’indiquer clairement le pays d’origine de certains produits importés de l’extérieur de l’UE. Cela permettrait d’aider les citoyens Européens soucieux de prendre en compte des critères sociaux et environnementaux lorsqu’ils achètent leurs vêtements ou leurs chaussures par exemple. C’est d’autant plus important en période de crise économique pour notre production industrielle européenne, qui reste associée à une réputation de qualité et à des normes strictes. C’est aussi essentiel pour pousser des pays comme la Chine à respecter certains droits minimums, à l’inverse de l’image d’une main d’œuvre aujourd’hui corvéable à merci. Reste que le Conseil n’y est pas très favorable à ce jour ; osons croire que le nouveau contexte de crise lui fera voir les choses autrement…
Enfin, j’ai soutenu le rapport de ma collègue slovène S&D, Tanja FAJON, sur la libéralisation des visas aux Balkans occidentaux. Il est en effet de la responsabilité du Parlement européen de lancer un message fort à l’adresse de tous les pays des Balkans occidentaux afin de leur dire que nous les soutenons dans leurs efforts pour rejoindre les critères fixés par la Commission européenne à la libéralisation de la politique de visas. C’est déjà le cas pour la Serbie et le Monténégro, mais l’Albanie et la Bosnie n’ont pas encore pu recevoir de feu vert. De nombreux jeunes de ces pays se sentent comme autrefois, de l’autre côté du Mur, les jeunes Est-allemands. Or il est difficile aujourd’hui de concevoir qu’à un jet de pierre de nos frontières, des jeunes ne peuvent connaitre l’Europe et appréhender leur avenir dans l’UE. Près de 90% des critères exigés par la Commission ont ainsi été remplis par la Bosnie, nous devons avancer car la situation politique pourrait s’aggraver si un message fort n’était pas envoyé. Enfin, s’agissant du Kosovo, seule partie des Balkans exclue de ce processus, il faudra vraiment prévoir une solution à cette situation.

