Ce midi, Jose Manuel Barroso a été réélu Président de la Commission Européenne par 382 voix pour (219 contre et 117 abstentions). Le nombre de voix obtenues par le candidat est au-delà de la majorité absolue… et au-delà de la majorité qualifiée qu’il aurait eu à rechercher s’il avait été élu après adoption du Traité de Lisbonne.
Le groupe Socialistes & Démocrates avait majoritairement décidé de s’abstenir, tandis que certains ont voté pour.
Mais de nombreux membres ont voté contre : les socialistes belges, néerlandais, luxembourgeois, danois, suédois, finlandais, français, grecs, ainsi que certains italiens et espagnols catalans ont exprimé par ce vote négatif leurs désaccords lourds avec le candidat.
Ces désaccords étaient et demeurent de trois ordres :
- Le bilan personnel de Jose Manuel Barroso pendant les 5 dernières années : une présidence faible, conservatrice et libérale, immobile face à la crise, incapable d’impulser une relance coordonnée, exclusivement attentive aux souhaits des chefs d’Etat et de gouvernements. Jose Manuel Barroso n’a pas servi une Europe forte.
- L’insuffisance de sa réponse aux conditions posées par le groupe S&D européen : pas de véritable plan de relance, ni de pacte pour l’emploi, de réglementation, de supervision ou d’instruments efficaces pour corriger les déséquilibres des marchés financiers, aucun engagement sur une directive cadre protégeant les services publics…
- Le respect des messages adressés par les électeurs au moment de la consultation européenne, qui nous avaient indiqué ne plus vouloir d’une Europe affaiblie, illisible, où le compromis est érigé en vertu supérieure aux orientations politiques.
On pourrait se perdre en conjectures ou en commentaires sur l’issue du vote si les positions avaient été plus tranchées et assumées sur de strictes bases politiques. L’analyse montrerait la justesse de la position « contre » ; mais force est de constater : le vote est acquis, Jose Manuel Barroso en sort renforcé.
Je ne suis pas sure que ni le Parlement, ni l’Europe le soient.
C’est pourquoi, avec les autres députés S&D qui se reconnaissent dans cette orientation, je plaiderai dans le sens d’un « ré-empowerment », d’un réinvestissement politique de l’Europe, de manière à ce que ceux qui veulent l’affaiblir n’aient pas le dernier mot.


Je partage les doutes exprimés. Le groupe S&D a intérêt à être vigilant… Courage.
Quelques questions :
* l’article est intitulé: « quelles perspectives pour les socialistes européens ? » Bonne question ! Mais, au-delà d’un triple constat que vous rappelez, y répondez-vous ?
* « Réinvestissement politique », je signe ! Mais comment allez-vous vous y prendre ?
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Bonjour sf
je suis l’attachée parlementaire de Sylvie Guillaume.
Ce qu’elle note, c’est justement la difficulté de bâtir une vraie ligne de groupe, à l’échelle européenne, quand les différentes délégations socialistes et démocrates prennent leurs décisions parfois selon des enjeux nationaux. Les cultures politiques et le rapport à l’Europe varie énormément du Danemark à la Pologne, ou de la France à la Grande Bretagne, ce qui est une difficulté majeure pour mener un travail d’opposition au sein du Parlement.
Cette notion même d’opposition fait débat au sein du groupe. Sylvie Guillaume, et tous les socialistes qui prônent cette ligne, vont essayer de convaincre et de faire peser cette orientation au sein du groupe et au delà, à l’échelle du Parlement.
@ Cécile
Merci pour votre réponse même si vous ne répondez pas – du moins directement – à mes questions, pour rappel : Quelles perspectives pour les socialistes européens ? Réponse : La politisation du PE ? Si oui, comment faire ?
Pour rebondir sur votre post: les clivages nationaux au sein d’un groupe politique n’ont-ils pas toujours existé au sein du PE ?
N’est-ce pas, dès lors, le job des partis nationaux et des eurodéputé(e)s de mettre – au mieux – leurs différences de côté en proposant ensemble un programme, en l’occurrence, d’opposition aux citoyen(ne)s européen(ne)s ?
M.Barroso n’a pas (aussi, et malheureusement) été reconduit à la tête de la Commission par la division des gauches européennes ?
http://europeanelection2009.blog.lemonde.fr/2009/09/15/reconduction-de-mbarroso-une-histoire-de-pommes-de-terre/
http://europeanelection2009.blog.lemonde.fr/2009/09/17/histoire-de-pommes-de-terre-bis/
La (bonne) volonté exprimée par la députée Sylvie Guillaume de politiser le PE ne peut être qu’applaudi et respecté, mais la question persiste: comment s’y prendre ?
Damien Abad (PEE) vu la semaine dernière (http://europeanelection2009.blog.lemonde.fr/2009/09/14/proeuropa-invite-jacques-barrot-et-damien-abad/)
a également botté en touche …
Alors je me permet de reposer la question :
comment allez-vous vous y prendre pour le politiser davantage ce PE ? Dans les pratiques sociales des eurodéputé(e)s de gauche au PE comme Sylvie Guillaume, y-a-t-il une place au changement (moins de consensus, plus de politique) ?
Parce que quoi qu’en dise Crozier et alii, l’acteur n’est pas grand chose face au système … isn’t it ?
sf
@sf: re. « N’est-ce pas, le job des partis et des eurodéputé(e)s de mettre leurs différences de côté en proposant ensemble un programme d’opposition? » ça, c’est la théorie, et nous sommes tous d’accord sur le papier. en pratique, ça n’a rien de facile ni d’évident…
mais pour donner un élément de réponse à la question: Catherine Trautmann a proposé à la DSF d’organiser une rencontre avec les socialistes du groupe qui ont voté contre Barroso. une piste pour réfléchir, au delà des délégations nationales, à une stratégie politique…
Les persectives pour les SOCIALISTES EUROPEENS sont claires, chaque groupe national devra travailler sur ses propres bases politiques, voir communes avec d’autres groupes quand celle-ci sont convergentes….Voir, pourquoi pas travailler parfois avec des groupes aillant une démarche constructive pour « Une EUROPE SOCIALE »….
Toutefois je ne cache pas avoir été trés étonnée, quand Mr BARSO à rencontré chaque groupe réprésenté au PE…et que le seul groupe qui à accepté les caméras était celui de DANIEL CB……….Tu m’en escusera mais j’ai pensé voilàs les tractations commences pour la valse des postes……Sachant qu’hélas ce n’est pas la voix de quelques « puristes » qui sera assez forte pour changer les choses……….
@ Cécile
Merci pour la réponse.
« en pratique, ça n’a rien de facile ni d’évident… » : j’ai bien conscience (du moins j’essaie) de la difficulté de la tache …
C’est quoi une « dsf » ?
Une réunion du même type est-elle prévue avec les autres eurodéputé(e)s (verts, gauche radicale) qui ont voté contre M.Barroso ?
sf
@brigitte: il ne faut pas se laisser abuser. lorsque Barroso a rencontré les groupes politiques, même sans caméras, cela ne veut pas dire qu’il y ait eu des « tractations » ou autres. l’échange a été très politique et a tourné autour du programme de Barroso. Sylvie Guillaume a rédigé un article sur cette rencontre http://www.sylvieguillaume.eu/2009/09/un-candidat-guepard/
@sf: pardon, DSF = délégation socialiste française.
Merci pour ce vote qui démontre ta liberté d’opinion et ta volonté que l’europe soit une vrai institution apparentière. Une équipe qui se bat pour les européens, pour le changement des pratiques politiques. Bon courage pour tes combats présents et avenir.
[...] sur le sujet : nous avons voté contre Jose Manuel Durao Barroso comme président de la commission (lire ici) et nous n’avons pas été convaincus par le contenu des auditions des commissaires (lire [...]