Aujourd'hui

Un nouveau départ de la commission

La collaboration du Parlement avec la commission Juncker ne sera pas un long fleuve tranquille. Nous le savions déjà mais nous l’éprouvons aujourd’hui. Le programme de travail de la commission pour 2015 présenté mardi est destiné à marquer une vraie différence avec les méthodes de la commission Barroso – très bien – à concentrer son action sur des sujets plus politiques - nous approuvons – et à faire un « coup de balai » sur des projets en cours – nous devenons très attentifs et peut-être même un peu circonspects. C’est ainsi que 83 projets devraient être abandonnés afin de concentrer le travail sur 23 seulement, qui représentent les « vraies » priorités. Priorités qui se déclinent principalement autour de la croissance et l’emploi. Là encore nous sommes d’accord ; comment pourrions-nous ne pas l’être ? À cela s’ajoutent la priorité donnée à l’investissement et la lutte contre l’évasion fiscale qui sont indéniablement de vraies nouveautés pour la Commission et qui sont directement inspirées par les socialistes et démocrates européens. Quelques formules utilisées par la Commission dans sa communication font un bel effet ; il s’agit de travailler différemment et sur des projets différents, de reconstruire la confiance des citoyens, d’éviter la trop grande complexité administrative, l’inflation des normes et des règles. On sait que ce type de discours est attendu par toute une frange de l’opinion. En fait l’UE par cette inflexion prend la balle au bond des arguments du discours eurosceptique. Cette stratégie implique de laisser de côté certains projets. Ceux qui étaient déjà compromis par le manque de consensus politique, ceux qui étaient déjà dépassés ou ne correspondaient plus au priorités du jour. Dans quels secteurs se trouvent ces victimes expiatoires du « nouveau départ » de Juncker ? Sans surprise malheureusement dans le social et l’environnement. En voici quelques exemples : Protection des femmes enceintes au travail, extension de la durée minimale du congé de maternité en la portant de 14 à 18 semaines : cela va de soi pour ma famille politique mais le texte n’a pas évolué depuis plusieurs années. La solution proposée par la commission est de lui accorder six mois pour convaincre et d’être retiré au bout de ce délai. Évolution des règles liées à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques : cela semble pourtant nécessaire de façon à accompagner le très fort développement de cette filière. Évacuation du paquet « économie circulaire » qui est un concept économique lié au développement durable qui veut que le déchet d'une industrie soit recyclé dans une autre industrie. Son objectif est de produire des biens et services en évitant le gaspillage des matières premières et des sources d'énergies non renouvelables. C’est assurément une solution d’avenir quoi qu’en pensent quelques lobbies patronaux… La directive « air » est également sur la sellette ; il s’agit dans ce cas de revoir de manière plus contraignante les plafonds d’émission de polluants. Si ces sujets et quelques autres étaient mis de côté durablement, nous serions confrontés à une vraie difficulté. Nous savons que faute d’avoir gagné les élections, nous sommes condamnés à accepter des compromis parfois peu réjouissants. Mais nous savons aussi, que de nombreux gouvernements font pression pour que l’environnement ne soit pas sacrifié, que le poids de notre groupe socialiste & démocrate est grand au sein de l’assemblée et que ce combat politique ne fait que commencer… C'est pourquoi nous rappellerons à la Commission que l'idée est de mieux légiférer et pas moins légiférer !

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